Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 09:59

Les Australiens peuvent être très fiers de leur Working Kelpie. Il est le véritable chien de travail national. Toutefois, son origine se trouvent en Écosse, où un certain nombre de collie-types (« collie » est un terme général écossais pour définir les chiens de conduite de troupeau) a contribué au développement de la race. Ces ancêtres, tout en n'étant pas nécessairement enregistré comme races, ont été développés dans les différentes régions de l'Écosse en fonctions des besoins spécifiques des différents éleveurs. Le WK a donc les mêmes ancêtres que le Border Collie.

 

Un peu d'histoire : Au cours du 19ème siècle, le développement de l'élevage du mouton Mérinos en Australie a entrainé l'importation de nombreux chiens de travail sur troupeau des pays d'origine des nouveaux migrants, en particulier le Royaume-Uni. Beaucoup de souches ont donc été importées, et celles qui se sont adaptées aux conditions très dures ont été rapidement reconnues. Ce sont ces souches, et en particulier une souche de la famille Rutherford, qui ont donné naissance au WK.

 

En Australie, les conditions d'élevage sont très particulières ; Les surfaces exploitées, vont de quelques milliers d'hectares à plusieurs dizaines de milliers d'hectares, avec un chargement UGB/ha très faible, de l'ordre d'une brebis/ha. Et vu la taille des exploitations, on comprend mieux pourquoi les éleveurs australiens possèdent plusieurs milliers de têtes. A cela, s'ajoute des conditions météorologiques particulières, mais également une faune sauvage bien présente, qui entre concurrence des ressources alimentaires et endommagement des clôtures ne facilitent pas le métier d’éleveur.

Depuis les origines, les éleveurs n’ont cessé de sélectionner un chien adapté à leurs besoins, tout en recherchant aussi une forte adaptation au milieu : résistance à la chaleur (plus de 40 °C !), à la poussière soulevée par ces immenses troupeaux en déplacement, endurance pour des déplacements sur de longues distances, mais également capable de contenir, de manipuler des centaines, des milliers de moutons en corral…

De ces besoins, deux types de WK ont été sélectionnés :

   - Le paddock dog, est un rassembleur naturel, idéal pour le travail dans les clôtures, il respecte une distance vis-à-vis du troupeau,

   - Le Yard dog qui n’appréhende pas le contact avec les animaux, sans être agressif, aboie naturellement (« barking »), et ne rechigne pas à grimper sur le dos des brebis (« backing ») dans les couloirs de contention (« races »). Il est plus adapté au travail dans les parcs de tri.

Ces deux types de WK ont vraiment des spécificités qui leurs permettent d'être très efficace dans les tâches qui leurs sont demandées.

Certains éleveurs recherchent un troisième type de WK, l’utility dog, un type intermédiaire entre les deux précédents qui présente donc plus de polyvalence.

Face aux conditions et aux spécificités des systèmes d’élevage ovins & bovins australiens, auxquelles, se surajoutent les accidents liés à l’activité même des chiens et les besoins de renouvellement, on comprend que les éleveurs aient au minimum, toujours une quinzaine de chiens en réserve des différents types.

Les éleveurs de bétail australiens sont plus des utilisateurs de chiens que des dresseurs, ils ont besoin de chiens pour travailler mais ne veulent pas perdre de temps à les dresser. Ils veulent des chiens fiables avec de fortes aptitudes naturelles. Le plus important, pour eux, c’est que leurs chiens leur permettent de faire le travail de tous les jours et qu’ils ne les lâchent pas au bout de dix minutes.

En Australie, seuls les bons chiens vivent ! En effet, les chiots sont testés, très précocement, souvent avant 4 mois et ceux qui ne présentent pas les aptitudes requises sont éliminés avant 9 mois. Même si la méthode de sélection peut choquer, force est de constater qu’elle donne de bons résultats.

Afin d’assurer une bonne gestion et un bon développement de la race, il a été créé le Working Kelpie Council (WKC), où tous les chiens de travail sont enregistrés y compris les croisés WK. En effet, tous les membres du WKC enregistrent leurs chiens en stipulant les éventuels accouplements antérieurs et les races utilisées. Ainsi, on peut connaître, en une simple lecture d’une généalogie, les accouplements qui ont été réalisés dans les générations antérieures d’une lignée, car la mention « race » est clairement indiquée sur les documents WKC. Tout propriétaire de chien WKC connait ainsi la génétique exacte de chaque chien et peut orienter son propre travail de sélection.

 

J''utilise depuis 6 ans une chienne WK croisée de type Yard dog dotée d’un caractère bien trempé et d’un naturel très impressionnant. Elle est naturellement très efficace, mais d’une « dressabilité » compliquée.

En ce qui me concerne, peu importe que le chien soit croisé ou de race pure, car ce que je recherche, c’est avant tout  le « naturel » ( voir l'article :  Le "Naturel" du chien de travail sur troupeau).

Ma chienne « Tchin », est le fruit d’un croisement de deux races qui ont des ancêtres communs et dotées d’un fort « naturel ». De ce fait, j'ai estimé qu'un tel croisement n’est pas très risqué et pouvait donner de bons "travailleurs".

Qu'il soit de race pure ou croisé, on espère toujours que le chien produit cumulera les qualités intrinsèques de ces aïeuls, il existe néanmoins un risque qu'il cumule aussi les défauts.

Dans tous les cas, il ne faut jamais oublier qu’il soit de race pure ou non, un chien d’exception reste une exception.

 

Voici quelques photos de ma chienne « Tchin » :

  photos-diverses-634.JPG

photos-diverses-726.JPG

photos-diverses-635.JPG

 

Ci-dessous, une des légendes australiennes, l'un des tous meilleurs Yard Dog 

photos-diverses-788.jpg

Et non ! le WK n'est pas que bicolore marron/feu ou noir/feu, il peut-être Chocolat tacheté blanc sur le poitrail et au bout des pattes, c'est le cas de "Tchin", 100% "sable", Tricolore... ci-dessous un WK "sable" (crème, fauve clair...) :

 

Repost 0
11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 07:23

L’alimentation de ruminants sous forme humide (ensilage, enrubannage) peut augmenter les risques de contamination des laits par des flores indésirables (flore butyrique) ou pathogènes (listeria monocytogenes). Face à ce constat, mais également pour des questions d’image, certaines AOC fromagères au lait cru envisagent de diminuer voir de supprimer l’ensilage et l’enrubannage dans l’alimentation des bêtes.

Le remplacement de l’ensilage par des foins nécessite la récolte de foins de qualité, à un stade de végétation précoce, même lorsque les conditions météorologiques sont défavorables ; ceci est indispensable pour maintenir la production laitière.

La technique de séchage en grange permet de s’affranchir en partie des conditions climatiques. Il apparaît souhaitable de développer des techniques de séchage proches des techniques de récolte classiques.

Le système de séchage en grange du foin conditionné en grosses bottes est séduisant, car il remet pas en cause la chaine de récolte existante sur l’exploitation.

Pour réussir un bon foin, il est impératif de respecter scrupuleusement certaines règles de fonctionnement aussi bien en ce qui concerne le chantier de récolte que le séchage.

Le séchage en grange des bottes rondes ou carrées ne doit surtout pas être considéré comme une technique d’appoint.

Une phase de réflexion est indispensable afin d’éviter de commettre certaines erreurs, dont les conséquences peuvent être lourdes tant sur le plan technique qu’économique.

La mise en place d’un séchage en grange de foin conditionné doit passer par plusieurs étapes, toutes obligatoires.

Il ne faut pas s’intéresser qu’au séchoir. La mise en place d’une telle installation débute par une étude du système fourrager jusqu’au contrôle de la qualité du foin produit.

La mise en place d’un séchage en grange du foin conditionné doit se raisonner par rapport au fonctionnement du système fourrager déjà en place et aux objectifs que l’on se fixe à court et moyen terme.

Repost 0
9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 09:24

Une culture dérobée, est une culture pratiqué dans l’intervalle de deux cultures principales, généralement pendant l’été, et pour laquelle on utilise des plantes à court cycle de végétation (fourrages, légumes, etc.)

De plus en plus d'éleveurs prennent l’initiative d’implanter différentes dérobées où les prairies sont souvent insuffisantes l'été en année normale.

 

 Les objectifs peuvent être multiples :

    - Permettre Fauche & Pâture à une époque de « creux de végétation »

    - Constituer des stocks fourragers en période sèche

    - Intégrer une culture annuelle dans une rotation...

 

Selon les exploitations et les cultures, il est possible de faire pâturer les dérobées. Mais si cela n’est pas le cas, il ne faut pas oublier que l’affouragement en vert est très prenant en temps et nécessite d’être très méticuleux sur l’élimination des refus.

 

Deux exemples de dérobées pertinentes

Mélange Vesce + Avoine : Implanter au printemps pour être pâturer en été (pâturage au fil). Attention aux risques de météorisation ! Ce mélange peut également convenir pour une récolte tardive dans les parcelles qui ne craignent pas l’humidité.

Mélange Moha + Trèfle d’Alexandrie : Un fourrage à croissance rapide, riche, très appétant et résistant à la sécheresse. En foin, il apporte une ration équilibré tout en étant riche en fibres et assure des rendements élevés. En pâture, il permet la mise à disposition d’un fourrage intéressant en période estivale. Du fait d’une croissance exponentielle, le seul risque alors est de se laisser « dépasser » : en quelques jours, le fourrage passe de 10/20cm à 70/80cm. Dans certains cas, il peut avoir un risque d’étouffement du trèfle par le Moha. Certains producteurs ont essayé la vesce à la place du trèfle, mais attention la vesce souffre bien plus de la sécheresse que le trèfle d’Alexandrie.

Repost 0
9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 05:58

Les résidus de maïs peuvent constituer un aliment économique pour les brebis en période d'entretien ainsi que pour celles en pleine gestation. La moitié de l'énergie contenue dans un champ de maïs se retrouve dans le grain et l'autre moitié dans les résidus, ou les tissus du végétal. Une fois la récolte terminée, la moitié de l'énergie alimentaire reste donc dans le champ. Les brebis tireront avantage des grains et des trognons de maïs ayant échappé à la moissonneuse-batteuse.

La plupart des champs fournissent entre un et deux mois de pâturage pour 25 brebis/ha, cependant, il faudra :

    - Surveiller les animaux de près et prendre note de leur état corporel de manière à leur donner des suppléments alimentaires en cas de besoin. La valeur nutritionnelle des tiges commence à décliner aussitôt après la récolte. Plus tôt on mettra le troupeau à paître, mieux ce sera. Au départ, la valeur alimentaire des tiges (U.N.T.) peut représenter jusqu'à 70 %, mais au cours de l'hiver, le pourcentage diminue jusqu'à environ 40 %. La diminution de la valeur alimentaire est due en partie à la décomposition des feuilles et des tiges, et dépend aussi du fait que les brebis consomment les grains et les feuilles à valeur nutritive supérieure au début de la période de pâturage et laissent de côté les parties moins nutritives qu'elles mangeront plus tard.

    - Examiner les champs pour évaluer la quantité de grains disponibles, c'est-à-dire les grains au sol et les petits épis qui ont échappé à la moissonneuse-batteuse. Si la quantité est importante, il  faudra limiter l'accès des brebis au champ, pour éviter qu'elles ne se gavent de grain.

    - Utiliser une clôture électrique temporaire pour pâturer en lisière ou limitez la période de pâturage à quelques heures de la journée. Les brebis auront tendance à manger les grains en premier, puis les spathes et les feuilles, et ensuite les tiges.

    - Limiter la taille du pâturage afin que l'apport énergétique du régime alimentaire des brebis reste constant durant toute la période. Dès que les feuilles et les spathes ont été consommés, il faut commencer à supplémenter avec du foin de bonne qualité. Dès lors, une brebis de 68 kg aura besoin de 340 g de foin de bonne qualité pour combler ses besoins.

    - Veiller à ce que les animaux disposent en permanence de sel et de minéraux.

    - Prévoyez un libre accès à l'eau. Lorsqu'il fait froid, une brebis consomme jusque 3,8 l d'eau par jour. Durant l'hiver, une neige pelucheuse et propre pourra procurer une source d'eau supplémentaire.

L'état du sol est également déterminant pour les résidus de maïs. Si le sol est détrempé, la surface risque de se compacter et de se durcir. Dans un système de culture sans labour, il ne faudra faire paître les animaux qu'à l'automne. Attendre que le sol soit gelé pour le faire ou choisir les champs les plus secs et dont le sol contient peu d'argile. Les dégâts subis en automne par le sol seront en partie corrigés par les épisodes de gel-dégel de l'hiver. Par contre, si les dégâts surviennent au printemps, il faudra travailler le sol. La valeur nutritionnelle des tiges sera plus élevée en automne qu'à la fin de l'été ou au printemps. On aura avantage à laisser les animaux glaner les tiges en automne et au début de l'hiver, et à retirer les brebis du champ avant que le dégel de printemps ne s'amorce.

Si le producteur gère le champ de résidus de maïs comme un pâturage (c.-à-d. en surveillant la section en pâturage et en gardant les animaux à l'écart lorsque le sol est détrempé), il pourra à la fois obtenir le meilleur de ses récoltes et répondre à ses besoins en alimentation.

Repost 0
9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 04:31

Contexte : L’utilisation de plantes médicinales est une option pour les éleveurs de bétail qui ne peuvent recourir à l’allopathie en vertu des programmes de certification biologique ou qui n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments allopathiques pour les problèmes de santé mineurs de leur bétail.

Méthodes : En 2003, il a été mené des entrevues semi-structurées auprès de 60 participants obtenus par choix raisonné. Des plantes médicinales sont employées pour traiter un éventail d’états. Lors d’un atelier subséquent, les participants ont évalué un manuel préliminaire.

Résultats : 128 plantes, appartenant à plusieurs familles, sont utilisées pour la santé et l’alimentation des ruminants.

Plantes utilisées pour soigner les abcès :  Berberis aquifolium/Mahonia aquifolium Echinacea purpurea, Symphytum officinale, Bovista pila, Bovista plumbea, Achillea millefolium et Usnea longissima. Curcuma longa L., Salix scouleriana et Salix lucida entrent dans les soins de l’arthrite caprine et de l’arthrite-encéphalite caprine. Euphrasia officinalis et Matricaria chamomilla servent pour les problèmes oculaires.

Les plaies et les blessures sont traitées avec Bovista sp., Usnea longissima, Calendula officinalis, Arnica sp., Malva sp., Prunella vulgaris, Echinacea purpurea, Berberis aquifolium/Mahonia aquifolium, Achillea millefolium, Capsella bursa-pastoris, Hypericum perforatum, Lavandula officinalis, Symphytum officinale et Curcuma longa.

Syzygium aromaticum et Pseudotsuga menziesii servent dans le traitement de la coccidiose. Les plantes suivantes servent pour les diarrhées :  Plantago major, Calendula officinalis, Urtica dioica, Symphytum officinale, Pinus ponderosa, Potentilla pacifica, Althaea officinalis, Anethum graveolens, Salix alba et Ulmus fulva.

Les mastites sont traitées avec Achillea millefolium, Arctium lappa, Salix alba, Teucrium scorodonia et Galium aparine. Anethum graveolens et Rubus sp. sont administrées pour accroître la production de lait. Taraxacum officinale, Zea mays et Symphytum officinale sont employées contre les oedèmes des mamelles. L’acétose est traitée avec Gaultheria shallon, Vaccinium sp., et Symphytum officinale. Hedera helix et Alchemilla vulgaris sont administrées dans les cas de rétention du placenta.

Conclusion : Parmi les plantes affichant des niveaux élevés de validité, on compte Hedera helix pour la rétention du placenta et Euphrasia officinalis pour les problèmes aux yeux. Dans le traitement des plaies et des blessures, les plantes suivantes affichent une validité élevée : Hypericum perforatum, Malva parviflora et Prunella vulgaris. Contre les endoparasites, les traitements à validité élevée comprennent Juniperus communis et Pinus ponderosa. L’anxiété et la douleur semblent être efficacement traitées avec Melissa officinalis et Nepeta caesarea.

 

Repost 0
9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 04:24

Alors que nous vivons une douloureuse remise en question d’une part au niveau de l’élevage des animaux de rendement, et d’autre part, au niveau des cultures aux engrais chimiques en raison du niveau critique de pollution actuellement atteint, le monde agricole est en quête urgente de solutions de remplacement. Il en existe une qui vient à point, elle est biologique, naturelle, aussi vieille que le monde : c’est le lupin, véritable trésor de protéines.


Le lupin, une vieille connaissance :

Le lupin est une légumineuse aux multiples espèces (plus de 450) dont certaines sont plus riches en protéines que le soja (50% contre 30%). De plus cette plante régénère les sols pauvres par sa faculté de synthétiser l’azote de l’air. Le lupinus est cité dans des textes romains remontant à trois siècles avant Jésus-Christ en tant qu’aliment pour la consommation humaine.

Par ailleurs, les Egyptiens et les Incas, depuis longtemps, ont eu coutume de tremper dans les rivières leurs sacs de graines de lupin bouillies avant de les consommer ou les donner aux animaux.

Dans l’Europe du Moyen-Age, les lupins blancs, jaunes et pileux étaient toujours cultivés pour l’alimentation et comme engrais vert. Cette tradition survit encore en Italie et en Afrique du Nord où les graines de lupin blanc sont consommées en apéritif. Les graines de lupins sauvages contenant 1 à 2% d’alcaloïdes amers, les anciens les cuisaient dans l’eau et les rinçaient à l’eau tiède afin d’éliminer l’amertume : l’eau de rinçage servait ensuite comme insecticide naturel.

Au début du 19ème siècle, les éleveurs de moutons allemands commencèrent à l’utiliser sur les terres sableuses de la baltique. Mais vers 1870, cette culture fut stoppée en raison des alcaloïdes amers qui provoquèrent des accidents parmi les animaux.

 

Les tribulations de l’affaire lupin :

Le lupin tomba dans l’oubli en Europe jusqu’à la crise de 1929. Pour s’affranchir de leur dépendance vis à vis des tourteaux importés (déjà à l’époque !), les allemands firent des recherches sur des plantes riches en protéines. Le soja et la luzerne ne donnaient pas de résultats suffisamment performants, et le lupin fut sélectionné pour son meilleur rendement, à condition toutefois d’obtenir des variétés pauvres en alcaloïdes. Ainsi le professeur Sengbush de l’institut Kaiser Wilhem de Muncheberg réussit à obtenir 7 lupins peu amers, dont la culture se développa rapidement. Sept ans plus tard, en 1938, 78 000 ha furent ensemencés.

Puis vint la guerre et le lupin, comme les autres légumineuses, déclina en Europe occidentale, mais pas en Europe de l’Est, qui poursuivit cette culture en Hongrie, en Pologne et en URSS.

Après 1945, les Etats-Unis jouant de leur force économique et militaire en Europe, imposèrent à notre agriculture un modèle d’alimentation animale basée sur des cultures de climat chaud dont ils avaient le monopole commercial et qui ne sont pratiquement pas exploités en Europe. Aussi, les Etats-Unis laissèrent-ils l’Europe se couvrir de maïs, mais interdirent les protéagineux pouvant concurrencer le soja. Toute volonté de sortir de cette dépendance a fait depuis, aussitôt l’objet d’un rappel à l’ordre musclé.

 

Relance du lupin il y a 20 ans :

Jeune agriculteur possédant une ferme expérimentale, Philippe Desbrosses était, à l’époque, l’un des leaders du CINAB (Comité Interprofessionnel de l’Agriculture Biologique). Un jour, en feuilletant un vieux numéro de la revue Rustica, il découvrit « la plante d’or des sables » ainsi nommé le lupin. Séduit par les qualités énergétiques de la plante, il se mit à la recherche de graines ; Mais l’importation du lupin était interdite en France. La quête dura de longs mois, et finit par aboutir grâce à un industriel qui ramena illégalement des graines de RFA en France.

Sur la terre de Sologne, traditionnellement pauvre et acide, Philippe Desbrosses choisit la parcelle la plus désolée de ses 53 ha et sema ses graines.Quelques mois plus tard la parcelle était couverte de magnifiques pousses de 1,20m et la récolte s’effectua dans l’euphorie. Le seul problème, c’était que le lupin semé avait été du lupin jaune amer qui contient de la lupuline, alcaloïde plus ou moins toxique pour les consommateurs, qu’ils soient bipèdes ou quadrupèdes.

Mais qu’importe, les tonnes de matière verte constituèrent un engrais exceptionnel, et plus tard Philippe Desbrosses finit par trouver des graines de lupin jaune doux exempt d’alcaloïdes.

Avec le lupin jaune doux, on peut obtenir 22 quintaux à l’hectare de rendement, ce qui a fait rigoler les céréaliers de la Beauce avec leur 80 ou 100 quintaux à l’hectare.

Ceci ne découragea pas Philippe Desbrosses puisqu’il fit du lupin son sujet de thèse de doctorat es sciences en 1987 à l’Université de Paris VII, et que depuis 1975, il ne cesse de cultiver cette plante.

 

Un procédé de désamérisation du lupin :

Le dilemme qui s’est posé a été quel lupin exploiter : des lupins doux non toxiques mais d’un rendement modeste et peu résistant aux parasites, ou des lupins amers d’un bon rendement, résistant aux parasites mais toxiques à la longue, et d’un goût rebutant. Une équipe italo-suisse-allemande a résolu le problème en mettant au point un procédé d’extraction à froid des substances amères qui s’avère très efficace et peu coûteux, nommé « procédé Mittex ». De plus les substances amères recueillies s’avèrent posséder de très bonnes propriétés fertilisantes et phytosanitaires permettant de promettre des augmentations de 20 à 30% sur diverses cultures telles les tomates, pommes de terre ou autres.

Cette découverte technique laissait entrevoir de multiples avantages à la culture du lupin :

  • Mise en valeur des sols acides
  • Coût de revient peu élevé de la culture (peu d’engrais, résistance aux parasites)
  • Gros enrichissement du sol en azote.
  • Production de protéines en proportion égale et supérieure au soja.
  • Productions d’une huile d’excellente qualité
  • Obtention d’un fertilisant protecteur naturel et économique : le lupinex

Il est à noter qu’un brevet permettant de neutraliser les alcaloïdes du lupin amer et le rendant ainsi comestible aux animaux, avait déjà été déposé en 1930 par des Japonais. Racheté immédiatement par les Américains, il avait ensuite mystérieusement disparu … écartant ainsi le lupin du marché concurrentiel du soja.

 

Voyage d‘étude en Hongrie :

Suite à la hausse des prix du soja imposée par les Américains en 1983, un vent de panique s’installa chez les éleveurs français littéralement tenus en otage pour l’alimentation de leur bétail. Aussi Philippe Desbrosses organisa, avec une quarantaine de producteurs et la présence de FR3 un voyage en Hongrie, parcourant plus de 1 500 kms dans ce pays, royaume du lupin. Munie d’un siècle d’expériences sur les sols sableux acides et peu fertiles, la Hongrie était passée maître en la matière pour la culture du lupin. Néanmoins, le décollage rapide dans l’élevage du porc et de la volaille avait contraint le pays à importer du soja, son lupin de suffisant plus. C’est ainsi que ce pays cinq fois plus petit que la France, grâce à de nouvelles variétés et une volonté politique, mit en place un plan d’expansion du lupin sur 300 000 ha. Des modules d’exploitation par rotation de complémentarité lupin-pomme de terre-céréales, etc… a montré, à l’époque, à l’équipe française le bien fondé de la méthode pour les rendements obtenus. Par exemple, 80 quintaux à l’hectare avec un maïs n’ayant reçu que des quantités minimes d’engrais et de produits phytosanitaires. Par ailleurs les Hongrois montrèrent comment ils substituaient avec bonheur le lupin au soja dans les aliments du bétail dans une proportion allant de 25 à 60% des rations alimentaires.

 

Lupin contre soja : un blocus politique :

Lorsque l’on réalise que le lupin, non seulement peut diminuer nos importations de protéagineux, barrant la route au soja américain dans l’alimentation du bétail en particulier, compliquée par la nouvelle guerre des OGM, mais peut aussi diminuer notablement notre consommation agricole en engrais chimiques et en produits phytosanitaires, on comprend aisément les barrages mis en place depuis 20 ans face à cette opportunité. Les puissants lobbies internationaux au nom du libre-échange commercial interdisent … et tiennent nos politiques sous leur joug. Plus récemment, le créneau des biotechnologies voit d’un très mauvais œil « l’affaire lupin »< ; il y a 15 ans, l’Europe dépendait encore à 80% des marchés extérieurs pour ses réapprovisionnements en protéines. Aussi, un fonctionnaire de Bruxelles ironisait en déclarant : « l’autonomie de la France en soja est de 12 jours ».

Le lobby soja est suffisamment implanté à Bruxelles pour être en mesure de freiner, voire bloquer les dossiers protéines et décourager les utilisateurs du lupin. Anecdote : Ce même lobby avait fait circuler en 1984 une rumeur dans les campagnes laissant croire que 9 truies avaient péri empoisonnées par du lupin. Lorsque l’information a été démentie, elle avait déjà trouvé écho auprès de nombreux fermiers, et court encore.

L’exploitation des farines animales aura été un plan « foireux » pour essayer d’échapper à l’étau du soja. Contrairement à ce qu’on nous raconte, il existe de nombreuses ressources de protéines inexplorées, inexploitées, pour ne pas dire « torpillées ». C’est ainsi que la plupart des acteurs de l’aventure « lupin » commencée il y a 20 ans, ont été ruinés ou ont, tout simplement, disparu ; les unités de recherches et de productions ont, de leur côté été démantelées. Dans cette histoire, les paysans ont bien peu la parole, et ce n’est pas la première fois qu’une plante est promue ou délaissée en fonction d’intérêts politiques et commerciaux.

 

Un atout pour l’indépendance alimentaire :

Le lupin, médaille d’or olympique pour capter l’azote de l’air et le synthétiser dans le sol, représente un espoir sérieux pour les pays pauvres, permettant de valoriser des sols acides ou pratiquement rien ne pousse. Face aux apprentis sorciers des OGM qui promettent des solutions mirobolantes contre la faim dans le monde, alors qu’aux Indes, des paysans qui ont écouté le « chant des sirènes » sont ruinés, se suicident ou vendent un de leur rein pour faire subsister leur famille. C’est à ceux-là qu’ils faut demander ce que valent les cultures transgéniques. Les gagnants ne seront pas ceux que l’on croit. Actuellement le Chili et le Pérou utilisent le lupin sous forme de biscuits pour l’alimentation… Le lupin est largement utilisé aussi en Australie et nous l’avons vu en Hongrie.

Le lupin a reçu, depuis longtemps, son brevet de non toxicité. Lors du Congrès International du Lupin en 1984, il a été confirmé que la graine « désamérisée » pouvait se substituer à 100% au soja pour l’alimentation des ruminants, à 25% pour celle des volailles, et à 15% pour celle des porcs.

Hélas nous avons pris beaucoup de retard dans cette voie et il faudrait rapidement mettre en culture entre 500 000 et 1 million d’hectares en France pour rejoindre rapidement nos marges de sécurité alimentaire. Nous verrons si le vent de panique actuel donnera naissance à des initiatives intelligentes et courageuses.

Repost 0
8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 17:00

Pour moi, tout ce qui fait un bon chien de travail sur troupeau réside dans l’équilibre dynamique des forces héréditaires, ce que j’appelle le " Naturel ".

Ci-dessous, ce que je considère " Naturel " :

    - Le mental : le désir de travailler, la volonté de faire plaisir à son maître, la concentration, la capacité d’apprendre, la docilité, la réactivité à la commande…

    - L'atavisme " Troupeau " : volonté naturelle à rechercher, ramener, contenir des animaux

    - La " Présence " du chien sur le troupeau 

    - Le contrôle des animaux dans le calme

    - L’Observation et L’Anticipation pour être au bon endroit, au bon moment

    - La gestion de l’effort et l’endurance

    - L’adaptation du chien aux animaux qu’il a à manipuler et aux conditions :La polyvalence

    - Le courage, la bravoure...

    - L'agilité, la vitesse...

NB : Il paraît évident que tous ces caractéristiques héréditaires peuvent être ruinées en présence de tares héréditaires qu’elles soient physiques ou psychiques. 

 

Ci-dessous les termes anglo-saxons qui définissent le "Naturel" du chien de travail sur troupeau :

"paddock work" : travail sur le terrain ouvert : prairie, alpage... 

"yard work" : travail en endroits petit ; corral, parc,  bergerie...

"heading instinct" : prise de possession, instinct d'aller contrôler le troupeau,  Position Midi

"Low Stress Stockhandling" : respect les animaux et les manipuler sans les stresser

"Desire" :Intérêt au travail

"Versatility" : Polyvalence

"Intelligence" : Observation, prise d’initiative

"Biddability" : obéissance, docilité, réactivité à la commande

"Natural gathering instinct" : instinct pout rechercher et rassembler des animaux

 

Ci-dessous, ce qui est pour moi rédhibitoire :

    - La Peur

    - L’Hyper - Sensibilité

    - Le Manque de motivation

    - Le trop d’œil

    - La morsure systèmatique



 

 

 

Repost 0
8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 16:43

Le type Northumbrian

De nos jours, de très nombreux propriétaires de BC peuvent retracer la généalogie de leur chien jusqu'à un chien connu sous le nom de Old Hemp. Hemp, né en 1894, a été élevé et appartenait à Adam Telfer, qui vivaient dans la région Northumbrian en Angleterre. Hemp était un chien très puissant, grand travailleur et qui à beaucoup transmit à ses chiots (Plus de 200) ; à un point qu’il est devenu un type de BC « le type Northumbrian » où tous ses descendants avec une robe très noir avec peu de blanc. Ils sont réputés pour être très puissant et grand travailleur.

northumbrian type

 

Le type Wiston Cap

Le Type Wiston Cap a été développe à partir d’un chien nommé Cap qui appartenait à JM Wilson par le biais de Jock Richardson, compétiteur exceptionnel et éleveurs de chiens de travail prodigieux. Les BC  typés Wiston Cap ont tendance à être plus grand est d’un plus fort squelette. Ils sont en général très endurant, réputés très bons pousseurs et très obéissant. Ils peuvent avoir beaucoup de blanc et être tricolores.

wiston-cap-type.jpg

 

 

Le type Nap

Sur les 4 types de BC, seul le type Nap a le poil lisse. Le nom provient d’un chien Whitehope Nap. Les BC de ce type sont solides, rapides et puissants. D’un point de vue morphologie, ils s’inscrivent plus sur un plan carré que les autres types. En raison de leur poil court, de leur vitesse et leur puissance, de nombreux éleveurs américains les ont sélectionnés pour travailler dans les grands ranchs du sud-ouest des Etats Unis.

nap-type.jpg

 

 

Le type Herdman’s Tommy

Le dernier type est nommée d'après un petit-fils de Old Hemp, Herdman’s Tommy. Physiquement, Ils sont de taille moyenne avec une grosse ossature. En général, ils sont tricolore avec comme dominante le noir. Ils sont connus pour être très puissant, endurant et de forte tête.

herdmans-tommy-type.jpg

Repost 0
3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 20:55

Depuis mes débuts, ma principale obsession est de trouver la race rustique la plus performante possible, c’est-à-dire parfaitement adaptée au plein-air intégral, capable de tirer parti de ce qu’elle trouve à manger, de valoriser les pâturages pauvres comme les sous-bois ligneux, de supporter des variations brusques de régime alimentaire… tout en assurant des débouchés intéressants.

Pour cela, j’ai "expérimenté" plusieurs races ovines, toutes élevées ensemble qu’elles soient Ouessannes, Solognotes, Blackfaces ou Boulonnaises, en race pure ou croisées.

Et comme le dit le vieil adage, "il n'y a pas de mauvaises races, mais de mauvais bergers". Toutes ont des qualités et des défauts, l'importance réside dans l'osmose entre les spécificités d'une race, d'une troupe et le système mis en place.

En ce qui me concerne, une race s'est révèlé plus performante que les autres ; la fameuse Scottish Blackface. J’ai cherché une race française capable d’égaler les qualités de cette dernière, mais aucune à ce jour ne m’a donné autant de satisfaction.

Certes, la Blackface n’est pas la plus prolifique, la plus conformée de toutes les races, mais tout comme la Solognote ou la Ouessanne, elle ne coute pas grand-chose à élever, et contrairement à ces deux dernières, elle propose de bien meilleurs valorisations. Quant à la Boulonnaise, c’est son coût de production qui est rédhibitoire, dû à une complémentation obligatoire pour obtenir de bonnes performances.

Aujourd’hui, je suis fatigué de chercher en vain une hypothétique race française capable de répondre à mes attentes, j'ai donc décidé de me concentrer uniquement sur celle qui ne m’a jamais déçu la Blackface.

C'est pour ces raisons, que depuis le début de l'année, je "remonte" une troupe de Scottish Blackface de souche Perth.

Mon objectif (avant la fin de l'année) est d'avoir une trentaine d'agnelles "blackface" et un bélier, tous de très bonnes origines. Actuellement, j'ai atteint la moitié de mon objectif.


 


Repost 0
28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 04:41

Même si les éleveurs Anglo-Saxons les nomment « TechnoGrazing », « CellGrazing », « StripGrazing », « System 1-2-3 Full-Grass », ces techniques modernes ont toutes la même origine : André Voisin (voir article « Hommage à André Voisin ».

Et oui, André Voisin est le père fondateur des techniques de pâturage de précision à haut rendement !

En France, on connait les techniques modernes de pâturage sous les noms de « Pâturage cellulaire », « Pâturage rationné », « Pâturage rationnel rotatif », « Pâturage en système tournant simplifié », « Pâturage Pochon », « Pâturage intensif libre »…

 

L’essentiel, c’est de comprendre le mécanisme botanique que l’on exploite et le maitriser à l’échelle de l’exploitation en toutes saisons.

 

Comprendre le mécanisme

Pâturer à « haut rendement », c’est utiliser les ruminants pour récolter les plantes, (le plus fréquemment possible), afin de stimuler et d’accroitre le tallage des graminées. (Pousser de l’herbe).

La majeure partie de la matière sèche se trouve dans les premiers centimètres de la prairie (entre 2 et 10 cm) de même que la quasi-totalité de la qualité (appétence et digestibilité).

On empêche la plante d'atteindre son stade de reproduction car cette phase coïncide avec une stagnation de la production et une dégradation de la qualité. On maintien la plante dans son stade de croissance.

 

Maitriser ce mécanisme

Ce mécanisme reste théorique, - si on ne peut pas le maitriser à répétition, rien n'est figées, les saisons sont en mouvement, et varient selon l'année. Les besoins des animaux aussi. Il faut pouvoir coller les besoins à la ressource.

Avec un parcellaire adapté et un peu de technique, c'est possible. Sans un parcellaire adapté, cela devient très aléatoire.

Quelques soit le pays, la région, les circonstances, les situations de l’élevage, l’époque… on constate le même problème et la même solution :

- Le même problème : Le problème principal qui oppose la gestion optimale des pâtures consiste à exploiter la ressource à travers la variation des saisons de l’année et des circonstances, de façon homogène, réglable et fiable

- La même solution : Des structures offrant suffisamment de flexibilité, (grande souplesse parcellaire), permettant d’accélérer et de décélérer à souhait, selon la saison, les conditions et les circonstances.

C’est une question de savoir faire, créer une structure parcellaire adaptée afin de permettre l’optimisation souple (accélération/décélération…).

 

Les bienfaits des séjours rapides - ‘clé’ de la production

1) La rapidité de séjour régule le nombre des fois que les animaux prélèvent dans l’année, donc la production.

2) Au quotidien, les ruminants se sentent investis d’une mission : celle de combler leurs besoins nutritionnels. Pour cela, ils se synchronisent à la rotation, prennent un rythme et ne gaspillent pas. On ne les observe plus divagant à travers leur ressource… et prennent goût à changer de case régulièrement.

3) En changeant de parcelle souvent, il n’y a plus besoin de surveiller le cheptel à son insu - car elles viennent volontairement et peuvent être inspectées durant le changement. Contrairement à une idée parfois reçue, les systèmes de rotation n’imposent pas un besoin de main d’œuvre supplémentaire, bien au contraire.

4) Les matières fécales et l’urine sont étalées régulièrement et non concentrées autour des points d’eau, de l’ombre, des camps de crête... (sur le long terme, l’impact sur la fertilisation est significatif).

5) Les parcelles ou subdivisions consommées de façon régulière et égale, deviennent régulières et égales.

6) Avec maîtrise et parcimonie, les coups de sabots des animaux équivalent à un hersage de la prairie.

7) La plupart des mauvaises herbes ne supportent pas le piétinement répété durant l’hiver. La pâture hivernale contribue donc à diminuer fortement la présence de ces dernières.

 

Mal pâturer, aperçu

Il est utile de comprendre les effets nocifs des séjours trop prolongés sur une parcelle, (scénario inventé) :

Stade 1 : On rentre en rotation tardivement : Déjà la pousse dépasse les animaux qui ne peuvent pas la maîtriser. La qualité est sacrifiée.

Stade 2 : Les plantes vont perdre de leur appétence et de leur digestibilité au fur et à mesure de l’avancement dans la saison. Ce qui amène les animaux à les sélectionner. C’est le début d’un cercle vicieux qui entraine la pâture et les animaux vers des résultats médiocres. Les ruminants vont fatalement assister à la prolifération des plantes les moins appétissantes au dépend des plantes les plus délectables. Ceci amène à une parcelle hétérogène et de qualité amoindrie. Si vous avez investi dans cette pâture - les animaux travaillent contre vous.

 

Sous-pâturer

Dès qu’on sur-pâture, on paye cash. La plante est bridée et peut tripler à quadrupler son temps de régénérescence. Exception faite pour la période allant de la fin de l’automne à la mi/trois quarts de l’hiver, où il n’est pas problématique de descendre très bas.

Pâturer trop bas augmente significativement le risque d’infestation parasitaire sur vos animaux.

Pâturer trop bas, (ponctuellement) : Pâturer trop bas prive la plante de ses moyens de photosynthèse. A répétition, cela aura un effet nocif sur les racines car la plante est maintenue sur l’arrière pied.

 

Sur-pâturer 

Dès qu’on sous-pâture, on perd la qualité. Les plantes s’épient pour se reposer et reconstituer leurs réserves, - entrainées par l’augmentation des heures d’ensoleillement et de la température du sol. C’est pour le tracteur. Sauf, en gestion aride, où il peut s’avérer judicieux de laisser monter l’herbe en fin de printemps, après la grande pousse.

Pâturer trop haut, (ponctuellement) : (au-delà de 10cm), dégrade la valeur nutritionnelle, (même si cela peut/doit s’envisager dans gestion en situations arides). Par contre, trop laisser les graminées monter à épiaison privera les légumineuses de lumière et handicapera l’activité de leur population.

 

En France, il existe divers techniciens-conseils tels que "PatureSens", organismes de formation tels que le "CEDAPA"... spécialisés dans la productivité herbagère et les systèmes l'optimisant. 

 

Il existe également divers outils pertinents tels que des systèmes de clôtures mobiles, des outils de calculs et de gestion parcellaires... En voici quelques uns :

 

Le système de clôture mobile "Spider Pac" de Kiwitech

spider-pac.jpg

Un système complet et portatif de clôture électrique rapide et efficace ! Une vraie alternative aux filets !

Le système est livré pour 300 m de clôture.

Le même mécanisme permet de porter, de poser et de ré-enrouler toutes vos clôtures mobiles très rapidement grâce au boîtier de vitesse qui démultiplie l'enroulement.

Existe en version bovin  (1-2 fils) & ovin (2-3-4 fils).

 

L'araignée de Prairie de Gallagher

araignee-de-prairie.jpg

Une personne peut déplacer une clôture en une affaire de minutes en utilisant l'araignée de prairie. Le système de pâturage au fil réduit les cycles de pâturage et augmente le rendement en herbe.

Contactez votre distributeur pour de plus amples informations. Hauteur maximale: 0,85m

Il suffit de déplacer chaque extrémité du fil et l'ensemble de la clôture suit le mouvement.

Vous permet de déplacer une ligne de clôture facilement et rapidement.

La ligne reste électrifiée lors du déplacement.

Deux des six pattes touchent le sol et ne sont pas électrifiées

Peut être utilisé sur un sol dur et glacé et sur des terrains plats ou vallonés

 

L'herbométre automatique de Jenquiq Inc.

ss400m.jpg

Le système automatisé Sward Stick SS400M. de Jenquiq Inc. mesure la hauteur du sommet de l'herbe jusqu’au sol. La différence entre le Voyage du tube de diapositives et la longueur totale du Voyage au niveau du sol est la hauteur de l'herbe.

L'opérateur n'a qu'à inscrire les valeurs de début et de fin à partir du compteur en bas et le nombre d'échantillons à partir du comptoir, pour chaque parcelle.

Une formule simple est ensuite utilisé pour convertir les lectures de la hauteur moyenne de la prairie.

Les mesures sont simples et rapides - Enregistrement de la morphologie de chacun et de flexion bas ne sont pas nécessaires et les enregistrements sont accumulés pour toute la parcelle.


Pour conclure, si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille fortement de lire les ouvrages d'André Voisin, malheuresement très dificille à trouver en français, mais par chance ils ont été rééditer dans plus de 40 langues, et là, c'est plus facile de les trouver.

Repost 0