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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 12:45

Agriculture et Gastronomie 

 

L'industrialisation de l'agriculture, en éloignant la relation entre la production et la consommation des aliments, a brisé le lien qui unissait les hommes à la nourriture et à la terre. De nombreux consommateurs méconnaissent donc le travail effectué en amont lors de la production.

 

** Bien se nourrir est un acte agricole : Un gastronome cherchera en revanche à connaître ce qu’il mange et ce qu’il boit : provenance, conditions de production et de transformation. Voila pourquoi bien se nourrir est un acte agricole.  

 

** Produire est un acte gastronome : Les producteurs ont un rôle à jouer pour faire perdurer et connaître des méthodes de préparation qui respectent, valorisent et magnifient leurs produits. En cela, produire est un acte gastronome.

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Published by patre - dans Côté cuisine
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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 12:36

Il y a en France environ 11 millions d’hectares de prairies et 2.5 millions d’hectares de parcours de montagne qui sont autant de paysages changeants mais aussi des zones de grand intérêt écologique, économique et social. Ces grands espaces verts n’existeraient pas sans les éleveurs et leurs troupeaux.

L’élevage herbivore est un acteur de l’aménagement du territoire, il a un rôle prépondérant dans le développement durable des territoires

Les élevages herbagers, centrés sur les prairies, contribuent au développement durable des territoires sur les trois aspects étroitement imbriqués que sont l’environnement, l’économie et le social :

- Environnement : les prairies protègent les sols contre l’érosion, limitent les inondations, incendies et avalanches. Elles permettent de réduire l’utilisation d’énergie dans les exploitations, de participer à la lutte contre le réchauffement climatique en stockant du carbone et de maîtriser la qualité des eaux. Ce sont aussi des espaces très riches en biodiversité animale et végétale.

- Economie : les prairies permettent une production alimentaire (viande, lait) mais aussi de cuir et de laine dans des zones difficilement cultivables. Cette production contribue notamment à répondre à la demande des consommateurs en produits carnés et laitiers de qualité et crée de l’emploi dans les zones rurales.

- Social : les prairies et les activités d’élevage associées contribuent au maintien de la vie sociale dans le milieu rural en de l’emploi dans des territoires faiblement peuplés, en participant de façon importante à la qualité et la diversité des paysages et donc à l’attrait touristique des campagnes françaises.


L’élevage herbager, façonneur de paysages

Les paysages que nous connaissons ne sont pas apparus spontanément. Ils sont intimement liés à l’élevage et aux prairies. Les troupeaux maintiennent l’herbe rase, offrant à la vue des espaces dégagés et l’éleveur entretient les alentours, taillant les haies, déplaçant les clôtures, construisant des murets de pierre, etc.

Dans de nombreuses régions cependant, les difficultés du métier (économie, gardiennage, clôturage…) ont provoqué l’abandon des surfaces en herbe. En 30 ans, les paysages français ont perdu 5 millions d’hectares de prairies, soit 30 % de leur surface, principalement au profit de l’urbanisation et de la forêt.


Paysages français, paysages d’élevage

La place des prairies est essentielle dans les paysages français,  la combinaison harmonieuse de l’herbe, de l’animal, de l’arbre mais aussi de l’eau et de la pierre crée des paysages identifiables qui ont fait la réputation de la France.


Economie rurale : "Tirer parti de l’endroit où l’on se trouve"

Historiquement, l’élevage des ruminants s’est développé sur des terres non cultivables ou peu fertiles où poussent naturellement divers végétaux : herbe, buissons, arbustes…

Grâce à leurs quatre estomacs, les ruminants sont en effet capables de digérer efficacement la cellulose des plantes et des arbres. Ils peuvent donc utiliser l’herbe des surfaces pentues, caillouteuses ou inondables pour grandir et pour produire du lait et de la viande.

Ils ont ainsi permis le développement d’une activité économique dans les régions défavorisées, générant des emplois et une vie sociale.


Des races rustiques à l’assaut des versants

Les races rustiques sont particulièrement bien adaptées aux territoires difficiles (climat, relief). Les éleveurs sélectionnent ces races robustes, capables de vivre au grand air et de grimper les versants escarpés. Toute une économie, une culture, des paysages et des traditions gastronomiques se sont développés autour de ces races et contribuent pour beaucoup à l’attrait touristique.

 

Prairies, réservoirs de biodiversité

Sous nos climats, les prairies permanentes, qui ne sont jamais labourées, sont les principaux réservoirs de biodiversité. L’action du troupeau, qui, en broutant, engendre des hauteurs d’herbe différentes, combinée aux déjections qui enrichissent le sol, crée un environnement unique. On y recense de nombreuses espèces végétales qui, associées aux haies, offrent des habitats variés où peut se réfugier, se nourrir et se reproduire une grande diversité d’animaux : insectes, oiseaux, mammifères.


Prairies : filtres naturels et puits de carbone

Les prairies ont des effets positifs sur l’environnement :

> Par la photosynthèse et grâce à sa chlorophylle, l’herbe de la prairie utilise l’énergie solaire, l’eau et le dioxyde de carbone de l’air pour croître et produire de la matière organique à base de carbone qui s’accumule dans le sol. Ce « stockage de carbone » participe à la réduction des gaz à effet de serre.

> Les prairies sont essentielles à l’équilibre écologique des territoires. L’herbe, présente toute l’année sur le sol ainsi que les haies, limitent l’érosion et filtrent les eaux qui pourraient être polluées.

 

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 12:33

Sylvopastoralisme, Panage, Pacage, Parcage, … qu’est ce que c’est ?

Le Sylvopastoralisme consiste à faire pâturer des animaux en forêt, pour profiter des ressources fourragères en sous-bois (herbes, feuillages & fruits d’arbres et de broussailles).

Les arbres sont mis en valeur en pratiquant des coupes d’éclaircies. Cette mise en lumière du sol permet une production de bois et la relance de la production d'herbe et de feuillage.

Il permet également dans des régions menacées en été d’incendies dévastateurs de participer à la création de coupe-feu.

Le terme Sylvopastoralisme est également utilisé lorsque l’on entretien par passage d’animaux la pousse de végétation dans des vergers et des plantations de conifères (producteur de sapins de noël) ce qui est mon cas à Sacquenville :

L1070698-avant.JPG

jeune plantation de sapin avant le passage des brebis

L1070699-apres.jpg

la même plantation après le passage des brebis

 

Le Panage consiste à mener les bêtes en sous-bois pour qu’ils puissent se délecter de glands, faines, châtaignes…

 

Le Pacage désigne originellement les herbages sauvages ou adéquatement préparés où l’éleveur va nourrir et engraisser ses bêtes. Les animaux entretiennent ainsi les clairières et  les corridors biologiques ouverts.

 

Le Parcage consiste à faire séjourner les animaux en enceinte limités par une clôture mobile appelée parc. Le parcage se fait pendant la belle saison ; il commence le soir et finit le matin, il a pour but de fertiliser la terre. Il peut être réalisé sur des champs moissonnés ou récoltés.

Je mène donc mon troupeau sur divers parcours ; forêts & sous-bois, clairières, plantations de conifères, chemins, fossés, vergers,  prairies sauvages, pelouses sèches… avec l’aide précieux de mes chiens.

Ils profitent ainsi d’une végétation naturelle, diverse et variée en fonction des saisons, tout en entretenant écologiquement ces divers corridors biologiques.

Et à l’instar du « Bellota-Bellota », mes agneaux et antenais se délectent en saison de panage de divers fruits afin d’obtenir au final une viande au grain et aux saveurs rares.


Quelques photos pour illustrer mes propos

pasto-copie-1

 


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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 12:28

Sélectionner veut dire en réalité « élever » l’animal, en travaillant activement avec les différents facteurs de son existence : sa loi (le type), l’environnement et l’hérédité.

L’hérédité transmise à l’organisme par les parents, joue un rôle important, du fait qu’il y a une transmission de ce que les animaux ont vécu dans leur vie et de ce qu’ils ont acquis.

Dans ce sens, les gènes sont à considérer comme des « souvenirs » du vécu et des performances des ascendants.

Les animaux s’approprient ce qu’ils ont pu développer en raison des conditions environnantes.

Si ces conditions sont optimales et adaptées à l’hérédité des animaux, l’animal devrait pouvoir s’incarner plus fortement et se développer d’une façon conforme à l’espèce.

De ce fait, il devrait avoir d’autant plus de ressources (forces formatrices) pour les performances et pour le maintien en bonne santé de son organisme, car il n’aura pas besoin de beaucoup de forces pour s’adapter à l’environnement.

De là découle la méthode de sélection basée sur « l’élevage selon les conditions données ». Pour que celà réussisse, il faut d’abord définir les buts de sélection adaptés au domaine en question (taille, performances), et les conditions environnementales qui doivent correspondre aux besoins de l’espèce et être maintenues le plus stables possible.

Seuls des animaux de domaines ayant des conditions similaires peuvent être intégrés au troupeau.

D’une certaine façon, l’hérédité et la vitalité se trouvent en opposition :

- L’hérédité se rapporte toujours au passé, à ce qui est devenu. L’organisme a reçu l’hérédité d’une façon passive et ne l’a pas créée activement. Les gènes sont des « conditions intérieures du déploiement de l’espèce » et, dans ce sens, ils réduisent les possibilités générales de vie de l’intérieur.

- La vitalité se rapporte à l’adaptation de l’organisme au milieu actuel, au développement actif d’une forme de l’organisme correspondant à ce milieu. Le milieu forme les conditions extérieures du déploiement de l’espèce et conduit aussi à une réduction des possibilités générales de vie.

Si l’hérédité est forte, la vitalité sera plus faible et vice versa (il n’est pas possible que les deux se renforcent en même temps).

C’est ce que révèle le mulet par exemple, il est particulièrement vigoureux, mais n’a pas de forces héréditaires étant donné qu’il ne peut pas avoir de descendants.

Une chose similaire se produit en croisant deux lignées (ou races) très éloignées génétiquement : les descendants sont très vitaux (on appelle ceci l’effet hétérosis qui se présente chez tous les hybrides), mais ils possèdent peu de forces d’hérédité. On ne sait jamais comment les descendants vont être.

À l’inverse, on court toujours le danger de perdre la vitalité des animaux en voulant renforcer la sécurité d’hérédité (en croisant des lignées étroitement apparentées, et en allant jusqu’à la consanguinité).

Mais c’est précisément ce que nous voudrions en réalité obtenir par la sélection : nous voulons garder les bonnes caractéristiques et avoir une bonne garantie d’hérédité.

Pour que ceci soit possible, le milieu doit être si bien adapté au type de l’animal que celui-ci n’ait pas à se confronter trop fortement avec le milieu et à fournir des efforts d’adaptation trop importants, mais que son organisation reçue par hérédité soit déjà bien adaptée au milieu présent.

On maintient donc les lignes d’hérédité d’une façon plus étroite quand on peut mettre à disposition un milieu optimal, adapté aux animaux ; alors le danger d’une dépression de la vitalité par rapport à la sécurité de l’hérédité est plus faible.

Ceci peut être particulièrement bien favorisé s’il y a une relation d’étroite confiance entre l’animal et l’homme qui en prend soin : une telle relation donne à l’animal la possibilité d’une plus grande ouverture par rapport au milieu : il peut dès le début l’aborder sans peur et, pour cette raison, a besoin de moins de forces pour la confrontation avec le milieu.

Pour résumer:

- les élevages ayant des conditions environnementales similaires doivent travailler davantage ensemble pour la sélection.

- Dans la sélection, il faut davantage tenir compte des conditions du milieu et du genre (type) des animaux et mieux faire accorder le type d’animaux avec le type d’élevage. Les interactions entre le génotype et l’environnement doivent être bien examinées et incluses dans la sélection.

- Les buts unilatéraux de sélection conduisent à des problèmes, parce que les forces formatrices font alors défaut dans d’autres domaines.

C’est pourquoi de nouveaux buts de sélection se rapportant à la constitution sont nécessaires. La seule prise en considération des critères de production n’a pas de sens.

 

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 12:26

● Des soins quotidiens sont apportés de façon à ce que chaque animal reçoive toute l’attention qui lui est due et ait aussi la possibilité d’avoir un comportement conforme à la nature de l’espèce.

Les conditions d’élevage sont organisées pour que les animaux puissent se mouvoir et donner libre cours à leurs caractéristiques normales de comportement.

Le système mis au point permet aux animaux d’être librement en contact avec leur environnement naturel (soleil, pluie, terre sous les pattes, ressources…).

 

● Une alimentation conforme à la nature ovine (herbivore ruminant polygastrique) est primordiale à la santé et à la fécondité du troupeau.

Ainsi, l’herbe pâturée constitue l’essentiel de l’alimentation de mon troupeau. En hiver, divers foins (foin de prairies, de luzerne, d’ortie…) et diverses racines fourragères composent la ration quotidienne.

Mes moutons se nourrissent également des ressources fourragères (à l’image de la plante entière ; feuilles, racines, fruits, fleurs) trouvées selon les saisons sur les divers parcours constitués de prairies sauvages, de sous-bois, de clairières, de pelouses sèches, de chaumes, de chemins et fossés enherbés… 

 

● La bonne santé des animaux est essentiellement assurée par des choix pertinents ; race appropriée aux conditions d’élevage, période de reproduction, alimentation, mesures prophylactiques…

Ce sont les soins attentifs et continus aux animaux qui représentent la meilleure prophylaxie à tout déséquilibre physique ou psychologique. Cependant si un déséquilibre apparaît, il doit être reconnu à temps et corrigé avec soin.

Si un problème de santé survient, un traitement pour soulager l’animal est immédiatement administré. Je privilégie les remèdes issus de la pharmacopée naturelle (aromathérapie, phytothérapie, homéopathie et médecine d'orientation anthroposophique).

Cependant si un traitement « allopathique » s’avère après réflexions être le seul remède, je n’hésiterais pas, je me refuse de faire souffrir ou pire laisser mourir une bête « au nom » de je ne sais quel dogme.     

Un cahier-journal de conduite du troupeau est tenu pour permettre de suivre chaque animal dés sa naissance ou acquisition.

Tout traitement donné à un animal individuel ou au troupeau tout entier, quel que soit ce traitement, est rapporté en détails, avec le diagnostique, dans le cahier-journal. Ce journal stipule, pour chaque animal traité, le traitement, la méthode, la durée et la date du traitement.

Toute intervention est pratiquée de nature à améliorer la santé, le bien-être ou l’hygiène des animaux.

 

● Les animaux naissent dans l’élevage ou proviennent d’un élevage au moins en système herbager - plein air intégral.

La reproduction se fait exclusivement en lutte naturelle. L’insémination artificielle ne peut pas remplacer l’effet de l’influence du mâle sur le troupeau. La présence du bélier est primordiale pour le respect des relations sociales dans un troupeau.

La saillie (lutte) naturelle est une récompense pour la brebis après la disponibilité psychique et corporelle que représente sa mise en chaleur. Les bons taux de fécondité ainsi obtenus valident cette volonté de privilégier la lutte naturelle.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 12:23

Mes objectifs en tant qu’éleveur sont de :

- sélectionner et élever des animaux en totale adéquation avec la nature de l’espèce et les conditions environnementales

- favoriser la longévité des animaux, leur résistance, leur fertilité et leur santé

- participer activement à la préservation, à la régénération des paysages et à l’accroissement de la fertilité des sols

- produire une alimentation saine, capable de fortifier les organismes humains

- favoriser les relations entre producteurs et consommateurs

 

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